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Citations, sources et usages

VosCitations Citations sur le mariage, avec leurs sources

Citations sur le mariage, avec leurs sources

Du verset biblique aux maximes classiques, le mariage inspire des formules opposées, sérieuses ou ironiques, mais seulement quand on peut remonter jusqu'au texte précis.

Le mariage produit des phrases de nature très différente : versets, articles de loi, maximes, répliques de théâtre, notations de roman. Les réunir sous un même mot suppose de distinguer l'institution, l'expérience privée et le cliché social.

La méthode rappelée sur le recueil raisonné de citations et de leurs sources est ici décisive : une réplique d'Arnolphe n'engage pas Molière comme une maxime de La Rochefoucauld engage son auteur. Pour les formules sur le sentiment plutôt que sur l'alliance, voir aussi les citations sur l'amour et leurs sources.

Le mariage comme institution

Avant les mots d'esprit, il y a des textes normatifs. Ils servent moins à briller qu'à définir. Deux sources, souvent résumées de mémoire, donnent un bon point de départ.

C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

La Bible, Genèse, 2, 24

Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance.

Code civil, article 212, rédaction en vigueur

Le premier texte fonde une union, le second énumère des obligations. Aucun des deux ne parle d'idylle. Ce décalage explique une part de la littérature sur le mariage : la loi dit ce qui se doit, les écrivains disent ce qui résiste.

Qui parle

Sur le mariage, la confusion la plus courante consiste à mettre sur le même plan un article de loi, un moraliste et un personnage de comédie. La source exacte évite ce mélange.

Le mariage comme matière à maxime

Les moralistes français aiment le mariage parce qu'il oblige à tenir ensemble passion, intérêt, habitude et réputation. La formule y gagne en netteté, parfois au prix de la noirceur.

Trois formules, trois angles

Il y a de bons mariages, mais il n'y en a point de délicieux.

François de La Rochefoucauld, Réflexions ou sentences et maximes morales, maxime 113, 1678

L'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire.

Chamfort, Maximes et pensées, caractères et anecdotes, 1795

Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'habitude.

Honoré de Balzac, Physiologie du mariage, 1829

La Rochefoucauld juge depuis la maxime, Chamfort depuis l'ironie, Balzac depuis l'observation sociale. On peut prolonger ce parcours par la page consacrée à La Rochefoucauld et à la numérotation de ses maximes, utile dès qu'une formule circule sans son numéro.

Le point commun de ces trois textes est simple : le mariage n'y est jamais une pure évidence sentimentale. Il faut compter avec la durée, avec le récit qu'une société se fait d'elle même, et avec l'usure ordinaire des jours.

Au théâtre, ce n'est pas l'auteur qui parle

La scène grossit les positions. Chez Molière, le mariage n'est pas seulement un état civil, c'est un dispositif comique où se révèlent la peur du ridicule, le désir de possession et l'obsession de la tromperie.

Épouser une sotte est pour n'être point sot.

Molière, L'École des femmes, acte I, scène 1, 1662

Le mariage, Agnès, n'est pas un badinage, à d'austères devoirs le rang de femme engage.

Molière, L'École des femmes, acte V, scène 4, 1662

Ces deux vers appartiennent au même personnage, Arnolphe. Ils n'expriment pas une doctrine de Molière sur la femme en général, ils dessinent un jaloux autoritaire. C'est le type même de contresens produit par une citation détachée de sa scène.

SourceQui parleCe que le texte vise
Genèse, 2, 24Le texte bibliqueLe principe d'union
Code civil, art. 212Le législateurLes devoirs des époux
L'École des femmes, I, 1ArnolpheLa peur d'être trompé
Dictionnaire des idées reçues, art. « Mariage »Le cliché social, saisi par la satireLa banalité répétée

Formules qui circulent sans source établie

Le sujet attire les apocryphes, sans doute parce qu'une bonne méchanceté sur le mariage se retient facilement. Quand l'œuvre manque, mieux vaut ranger la formule dans le rayon des attributions douteuses.

  • « Le mariage est le tombeau de l'amour », formule très répandue, sans auteur ni œuvre établis. Elle relève davantage du lieu commun que de la citation vérifiable.
  • « Le mariage est la principale cause de divorce », phrase attribuée selon les recueils à Oscar Wilde, à Groucho Marx ou à un anonyme, sans référence textuelle sûre sous cette forme française.
  • « Le mariage, c'est résoudre à deux des problèmes qu'on n'aurait jamais eus seul », formule donnée tour à tour à Sacha Guitry, à Devos ou à d'autres, sans source établie.

Dans le même ordre d'idées, plusieurs sentences sur le mariage ne sont en réalité que des proverbes modernisés. La distinction est rappelée sur les proverbes, qui ne sont pas des citations.

Tous les maris sont cocus.

Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues, article « Mariage », 1913

Flaubert est utile ici parce qu'il donne, non pas une vérité sur le mariage, mais le cliché lui même. Son Dictionnaire des idées reçues enregistre la bêtise sociale au moment où elle se fige en formule.

Ce recueil ne prétend pas trancher pour ou contre le mariage. Il rappelle une règle plus simple : sur ce sujet plus qu'ailleurs, la phrase la plus citée n'est pas toujours la plus sûre, et la plus utile reste celle dont on peut encore nommer le livre, l'article, l'acte ou le chapitre.

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